A la fin de l'année 1941, la France vit ses heures les plus sombres. La Poste cherche à faire des économies.
Elle en a assez, notamment, de voir ses charges alourdies par l'obligation d'acheminer en franchise le volumineux courrier des diverses administrations.
Le 6 décembre 1941, une loi sur la « création d'un timbre-poste spécial pour l'affranchissement du courrier officiel » est publiée.
Désormais, et à quelques exceptions près, les administrations publiques de l'État, des départements et des communes doivent payer l'affranchissement de leur courrier.
La francisque gallique, emblème adopté par le régime de Vichy, est choisie pour illustrer les timbres.
Les deux tranchants de la francisque, qui comportent chacun une bande blanche entourée de deux bandes verticales de couleur, évoquent le drapeau français.
Le bon à tirer est signé le 9 février 1942, et le tirage des timbres s'effectue entre le 19 mars et le 26 mai.
La série compte quinze valeurs différentes, du 10 c au 20 F.
Les 10 F, 15 F et 20 F sont des grands formats.
Un entier postal avec la figurine 1F20 bleue est également imprimé.
Cependant, les ministères concernés, qui veulent absolument conserver leur droit à la franchise postale, bloquent la mise en vente de cette série de timbres.
Ainsi, de 194l à 1944, l'émission de la série est ajournée quatre fois, puis, lorsque la Libération arrive, définitivement abandonnée.
Les timbres sont immergés dans des bacs d'eau pour en enlever la gomme avant de recycler le papier.
C'est là que sont récupérées les séries sans gomme, en 1945.
Des séries neuves, avec gomme, apparaissent sur le marché à partir de 1964.
Quant à l'entier postal, nul ne songe à le récupérer à l'époque, et c'est pourquoi il n'en reste que quelques exemplaires.
D’après «Le patrimoine du timbre-poste français»
Sous la direction de Jean-François Brun
(Editions Flohic 1998)